• Tribune Nanterre Info d'avril des élus MRC

    Le souvenir est  une promesse d'avenir

    de André CASSOU, maire adjoint

                                                 

    Il y a 48 ans s'achevait un épisode douloureux de notre histoire. Il y a 48 ans, prenait fin par les accords d'Evian, la guerre d'Algérie, qui opposa pendant 8 longues années, l'armée française et le peuple algérien qui luttait pour son indépendance.


    Côté français, elle fut évoquée pudiquement « les événements d'Algérie », comme si ce conflit ne pouvait être nommé. Côté algérien, il s'agissait d'une guerre de libération nationale qui déboucha le 5 juillet 1962 par la proclamation d'indépendance de ce qui allait devenir, une grande nation. Quel qu'en fut le ressenti, pour chacun des deux camps, cette guerre fut une épreuve douloureuse qui a meurtri la mémoire commune de nos peuples.


    Près de 50 ans plus tard, ce conflit résonne encore comme une incompréhension magistrale. La France, nation millénaire, est consciente des sacrifices et du long parcours que représente la conquête de l'indépendance, condition d'exercice de la pleine souveraineté. C'est ce chemin que le peuple algérien a entrepris.


    La légitimité de cette histoire ne fait aucun doute mais elle n'autorise pas à condamner l'action de nos soldats. En Algérie, 25.000 soldats français sont tombés et plusieurs milliers de civils sont morts. De son côté le peuple algérien a supporté, quant à lui, un tribut plus lourd encore pour conquérir son indépendance. Trop souvent, un jugement unilatéral en rend l'armée française responsable. Responsable, le mot est lancé. Mais en République, ce sont les représentants élus du peuple, qui exercent la responsabilité des choix. Et c'est là que réside l'honneur  de l'armée française : servir la Nation. Et nos soldats ont payé du prix de ce qui leur était le plus précieux, leur vie !

     

    Est-ce à dire que nous avons été irréprochables ? Je ne le pense pas. Nombre d'événements nous le rappellent : ne serait-ce que la répression de la manifestation du 17 octobre 1961 ou l'abandon des soldats algériens  de l'armée française à une mort certaine. Mais quelle Nation, quel peuple, pourraient se prévaloir d'une histoire vierge de sa part d'ombre ? L'histoire est teintée de nuances, pétrie de complexités qu'il me semble toujours grotesque de simplifier à l'outrance.

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    La construction a posteriori de l'enchaînement des faits traduit toujours davantage les intérêts du présent que le souci de vérité du passé. Je veux dire par là, qu'il est inopérant et inopportun que la guerre d'Algérie vienne 50 années plus tard, apporter des justifications confortables parce qu'elle aurait été une sorte de péché originel. L'histoire nous ordonne l'humilité. Elle nous regarde de haut et nous lègue des enseignements à la lumière desquels nous sommes armés pour bâtir le monde qui vient.

    Cette conviction est une condition nécessaire pour tourner la page. Le temps est devenu celui de l'apaisement entre nos deux nations. Le temps est devenu celui de la mémoire qu'il ne faut pas confondre avec le jugement.


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